Rejoindre le comité

Komitee FR (overlay)
Par la présente, j'accepte que mon nom soit mentionné sur le site web.
S'abonnner à la newsletter
Par la présente, j'accepte les dispositions relatives à la protection des données.

Contribuer avec un testimonial

Testimonial FR (overlay)
Téléchargement de fichiers

Taille de fichier maximale : 10MB

Par la présente, j'accepte que mon témoignage apparaisse sur le site web et dans des publications imprimées.
S'abonnner à la newsletter
Par la présente, j'accepte les dispositions relatives à la protection des données.

La politique syndicale financée par votre argent – cette fois, c’est à votre capital de retraite qu’on s’attaque

Après la 13e rente AVS, les syndicats exigent une 13e rente de la prévoyance professionnelle (LPP). Le scénario populiste est bien connu : de grandes promesses sans aucun financement. Sauf que cette fois, ce n’est pas la caisse fédérale qu’ils risquent, mais les avoirs d’épargne personnels de près de 5 millions d’assurés. Voici notre vérification des faits.

Affirmation 1 : « Les caisses de pension accumulent 14 milliards de francs de libres trésoreries non utilisées » Un jeu populiste avec de grands chiffres. Les caisses de pension suisses gèrent un bilan total d’environ 1350 milliards de francs. Les 14 milliards invoqués par l’Union syndicale suisse (USS) correspondent à une marge de sécurité d’à peine un pour cent. Ce que l’USS qualifie de « non utilisé » est en réalité un filet de sécurité indispensable en cas de baisse importante des marchés boursiers. Distribuer ces réserves aujourd’hui, c’est risquer de devoir demander des contributions d’assainissement demain – payées par la population active.

Affirmation 2 : « Les caisses ont réalisé un rendement de près de 18 pour cent entre 2020 et 2025 » Là aussi, le cirque des chiffres tourne à plein régime : 18 pour cent sur six ans représentent moins de 3 pour cent par an – en incluant la mauvaise année boursière 2022, qui a fait fondre massivement les réserves. Ce n’est qu’en 2025 que les taux de couverture ont retrouvé, avec une moyenne de 117,1 pour cent, un niveau proche de celui de fin 2021. Et les assurés en profitent directement grâce à un intérêt plus élevé : en 2025, le capital de prévoyance auprès des institutions sans garantie d’État a été rémunéré en moyenne à environ 4,33 %, soit plus du triple du taux d’intérêt minimal. La décision concernant la rémunération effective appartient d’ailleurs aux conseils de fondation paritaires – au sein desquels siègent notamment les syndicats eux-mêmes.

Affirmation 3 : « Les rentes diminuent parce que les caisses sont avares » Les syndicats confondent avarice et démographie. Ils critiquent le fait que le taux de conversion soit passé de 6,13 à 5,26 pour cent en dix ans. Seulement voilà : les rentes annuelles baissent parce que le capital épargné doit suffire plus longtemps en raison de l’augmentation de l’espérance de vie – et non parce que les prestations globales seraient inférieures. Vivre plus longtemps signifie percevoir une rente plus longtemps. Ce n’est pas un complot des caisses de pension, ce sont des mathématiques.

Déjà-vu : d’abord la promesse, ensuite la facture Le schéma est bien connu. Pour la 13e rente AVS, l’USS a lancé une initiative populaire sans dire un mot sur son financement – et la facture n’est présentée à la population que maintenant, avec l’augmentation de la TVA soumise au vote le 29 novembre. Et même cette hausse ne couvre que partiellement les coûts : une réforme structurelle de l’AVS reste indispensable. Aujourd’hui, l’USS rejoue exactement la même pièce pour la LPP : exiger des prestations en laissant le financement ouvert. Mais cette fois, c’est encore plus irresponsable.

La vérité dérangeante : dans le 2e pilier, il n’y a pas d’argent venant des « autres » L’AVS repose sur un système de répartition où la redistribution fait partie du modèle. Dans le deuxième pilier, cela n’est pas possible : ici, chaque compte porte le nom d’un assuré. Une 13e rente LPP signifie une hausse permanente de 8,3 pour cent des versements issus du même avoir d’épargne. Mathématiquement, cela ne fonctionnerait que si les futurs retraités vivaient moins longtemps. Un scénario irréaliste et absolument pas souhaitable.

La conclusion est sans appel : les syndicats appliquent désormais leur recette populiste à succès « des promesses sans financement » aux avoirs d’épargne des assurés. Une démarche déconnectée des faits et dangereuse. Quiconque souhaite consolider la prévoyance vieillesse doit proposer des réformes honnêtes – tant pour l’AVS que pour la prévoyance professionnelle.

Les chiffres de cette vérification des faits sont issus pour l’essentiel du rapport 2025 sur la situation financière des institutions de prévoyance publié par la Commission de haute surveillance de la prévoyance professionnelle (CHS PP).