Les dés sont jetés – et c’est le contribuable qui, comme d’habitude, va payer l’addition. Le financement de la 13e rente AVS doit désormais se faire par une hausse de la TVA. Quelques dissidents de l’UDC et le ralliement des Vert’libéraux ont suffi pour renchérir la consommation de l’ensemble de la population suisse.
Les tergiversations autour du financement de la 13e rente AVS ont pris fin aujourd’hui au Conseil national. À une courte majorité, le Conseil a décidé d’augmenter la TVA de 0,4 point de pourcentage. Le signal envoyé par le centre-gauche est désastreux : on préfère puiser encore plus profondément dans les poches de la population suisse plutôt que de s’attaquer enfin, à la racine, aux problèmes structurels de l’AVS.
Cotisations salariales écartées – mais le prix est élevé
Seule lueur d’espoir dans ce débat : le pire a pu être évité. Alors que le Conseil des États voulait encore, la semaine dernière, augmenter à la fois la TVA et les cotisations salariales dans une double frénésie fiscale, l’alliance formée de l’UDC, du PLR et des Vert’libéraux a tenu bon, au moins sur les pourcentages salariaux. La population active est ainsi épargnée d’une charge encore plus brutale. Le revirement amer des Vert’libéraux sur la TVA – qui a donné au centre-gauche le passe-droit décisif pour cette hausse d’impôt – n’en est que plus incompréhensible.
Un rafistolage politique qui ne fait que repousser l’inéluctable
Avec cette solution de façade, la pression en faveur de véritables réformes structurelles durables retombe pour l’instant. Pourtant, ce pansement est loin de résoudre le problème de fond. La politique actuelle pratique un bricolage par étapes, sans courage ni vision : au lieu de mettre le système sur des bases pérennes, on maintient l’AVS artificiellement sous perfusion, avec de nouveaux apports de capitaux tous les deux ou trois ans. La facture pour la population est prévisible : les impôts et taxes augmenteront, lentement mais sûrement.