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Une décision contre la population active : comment le Conseil des États entend financer la 13e rente AVS

Avec sa décision sur le financement de la 13e rente AVS, le Conseil des États s’en prend frontalement à la population active. Des cotisations salariales plus élevées frappent précisément celles et ceux qui supportent déjà aujourd’hui la hausse des coûts et accentuent le conflit entre les générations. Au lieu de s’attaquer aux problèmes structurels de l’AVS, on recourt une fois de plus à la solution la plus simple : prélever davantage auprès des actifs.

L’argumentation des initiants de la 13e rente AVS est particulièrement contradictoire. Durant la campagne de votation, ils soulignaient que l’AVS était financièrement stable et qu’aucune mesure supplémentaire n’était nécessaire. Peu de temps après, de nouvelles charges sont pourtant décidées – aux frais de la population. Une contradiction flagrante.

Une double charge pour la classe moyenne
Le mode de financement proposé touche la population à double titre. Des cotisations salariales plus élevées réduisent directement le revenu disponible, tandis qu’une hausse de la TVA renchérit le coût de la vie, des achats du quotidien aux factures. Pour de nombreux ménages, il ne s’agit pas d’une notion abstraite, mais d’une réalité concrète : moins d’argent à la fin du mois, moins de marge de manœuvre, moins de sécurité. Les familles et la classe moyenne sont particulièrement touchées, elles qui subissent déjà la hausse des primes d’assurance-maladie, des loyers et du coût de la vie en général.

Une génération contrainte de payer contre son gré
Il est particulièrement choquant de voir à qui incombe cette charge supplémentaire. Les moins de 40 ans, en particulier, ont majoritairement rejeté la 13e rente AVS. Ce sont pourtant eux qui sont désormais appelés à passer à la caisse via des cotisations salariales plus élevées. Dans le même temps, les revenus issus des rentes restent en grande partie épargnés par ce financement. La charge se reporte ainsi de manière unilatérale sur la population active, et tout particulièrement sur les jeunes générations.
Il en résulte un précédent dangereux : ceux qui décident aujourd’hui de nouvelles prestations pourront demain les financer simplement en augmentant les contributions des actifs. Le contrat entre les générations s’en trouve de plus en plus déséquilibré.

Un automatisme sans contrôle
Le mécanisme prévu est particulièrement problématique. Si le fonds AVS descend en dessous de 80 % des dépenses annuelles, les cotisations salariales augmentent automatiquement. Un tel automatisme est hautement problématique, car il soustrait des décisions centrales de politique financière au débat démocratique et instaure un système qui, en cas de difficulté, fait peser mécaniquement une charge accrue sur les actifs. Au lieu d’imposer des solutions, le recours aux hausses de cotisations devient une solution permanente.

Plus d’argent ne constitue pas une réforme
Les défis structurels de l’AVS ne disparaissent pas simplement parce que des recettes supplémentaires sont générées. L’évolution démographique – davantage de retraités, moins de cotisants, une espérance de vie en hausse – demeure. Injecter aujourd’hui davantage d’argent dans le système réduit la pression d’agir réellement sur ces problèmes. C’est précisément là que réside le danger : sans réformes, les charges continueront d’augmenter à l’avenir.

Le Conseil national doit maintenant agir
La 13e rente AVS est décidée et doit être financée. Mais ce financement ne doit pas se faire uniquement au détriment de la population active ni conduire à une augmentation durable des prélèvements.
Il appartient désormais au Conseil national de corriger cette erreur. Une augmentation temporaire de la TVA de 0,7 %, telle que proposée par le Conseil national – qu’elle s’applique jusqu’en 2030 ou jusqu’en 2033 – peut offrir le temps nécessaire pour engager les réformes structurelles indispensables. Une chose est claire : l’AVS ne peut pas être stabilisée par des hausses constantes de prélèvements ; elle nécessite le courage de réformer.