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Étude BSS sur l’augmentation des cotisations salariales : pourquoi la réforme de l’AVS nécessite des mesures structurelles

Une nouvelle étude réalisée par BSS Volkswirtschaftliche Beratung le montre clairement : l’augmentation des cotisations salariales n’est pas une solution durable – elle pénalise unilatéralement le travail rémunéré et affaiblit le marché du travail, la place économique et la solidarité entre les générations. Cela est d’autant plus pertinent que la Suisse est confrontée à deux choix importants : la prochaine réforme de l’AVS et le financement encore incertain de la 13e rente AVS.

L’étude met en évidence un mécanisme central : l’augmentation des cotisations salariales renchérit le coût du travail pour les entreprises tout en réduisant le revenu net des salariés. Cela entraîne des effets négatifs à deux niveaux : d’une part, les entreprises hésitent davantage à investir et à recruter de nouveaux collaborateurs ; d’autre part, les salariés sont moins incités à accroître leur taux d’occupation ou à travailler plus longtemps, en particulier les groupes sensibles aux variations salariales, tels que les femmes et les travailleurs âgés.

Qui paie la facture ? Principalement les ménages en âge de travailler
Les cotisations salariales étant prélevées exclusivement sur les revenus professionnels, ce sont donc les personnes actives qui paient. La charge supplémentaire se concentre ainsi fortement sur la phase de la vie active, précisément au moment où de nombreux ménages font face à des dépenses élevées liées au logement, à la famille et à la prévoyance. Les revenus issus des rentes, de la fortune ou du capital ne sont, en revanche, pas concernés.

L’étude BSS montre très clairement cette répartition. Elle examine l’impact concret d’une hausse d’un point de pourcentage des cotisations salariales, pour les ménages, en termes de charge mensuelle supplémentaire, selon l’âge et le niveau de revenu. Les ménages en âge de travailler — en particulier ceux âgés de 35 à 54 ans — apparaissent comme les plus fortement touchés.

Un exemple tiré de l’étude permet d’illustrer concrètement cet effet : les ménages âgés de 45 à 54 ans disposant d’un revenu moyen supportent, en moyenne, une charge supplémentaire d’environ 61 francs par mois pour chaque point de pourcentage additionnel. Dans les tranches de revenus plus élevées, cette charge mensuelle augmente nettement. Ce qui peut sembler marginal sur la fiche de salaire s’accumule toutefois au fil des années, voire des décennies, pour atteindre des montants considérables et réduire la marge de manœuvre financière, précisément à une période de la vie où elle est le plus nécessaire.

Cotisations salariales ou TVA : des profils de charge distincts
L’étude compare une augmentation des cotisations salariales à une hausse de la TVA et met en évidence une différence fondamentale dans la répartition de la charge. Les cotisations salariales pèsent principalement sur les personnes actives et se concentrent fortement sur les années de vie professionnelle. La TVA, en revanche, est prélevée sur la consommation et répartit le financement plus largement entre tous les groupes d’âge et tous les types de revenus.

Ainsi, en cas d’augmentation de la TVA, les retraités et les ménages disposant d’un patrimoine et de revenus du capital élevés contribuent eux aussi au financement, ces derniers, ces derniers de manière supérieure à la moyenne. C’est précisément cette différence de répartition qui apparaît au cours de la vie. 

L’étude montre également qu’aucune option de financement n’est gratuite. En revanche, le choix de l’instrument détermine clairement qui supporte la charge et dans quelle mesure le travail rémunéré est mis à contribution. Cette distinction est déterminante pour les décisions à venir en matière de réforme de l’AVS et de financement de la 13e rente AVS.

Ce que cela signifie pour le financement de la 13e rente AVS
Dans le débat actuel sur le financement de la 13e rente AVS, trois variantes sont en discussion : une combinaison TVA/cotisations salariales, une augmentation illimitée de la TVA, ainsi qu’une hausse temporaire de la TVA. L’étude de BSS apporte à cet égard des enseignements clairs: elle montre que les modèles de financement reposant sur des retenues salariales supplémentaires déplacent une part importante de la charge sur les personnes actives et pénalisent ainsi précisément les facteurs clés de l’emploi, de la création de valeur et de l’attractivité du site économique.

Dans ce contexte, il existe de solides arguments en faveur de solutions qui n’alourdissent pas davantage le coût du travail et qui élargissent la base de financement. Une augmentation temporaire de la TVA répond le mieux à ces critères : elle évite une charge salariale permanente supplémentaire, répartit les coûts sur une base plus large et laisse en même temps une marge de manœuvre pour apporter d’autres réponses aux défis structurels à long terme de l’AVS.

Conclusion : garantir l’AVS, c’est la réformer
L’étude de BSS est sans équivoque : la stabilité de l’AVS ne repose pas sur l’addition continue de nouvelles sources de recettes, mais sur des structures viables et durables. Garantir à long terme le principal pilier social de la Suisse exige des ajustements systémiques fondamentaux ainsi qu’une discipline budgétaire rigoureuse.

Si une augmentation progressive des cotisations salariales peut paraître une solution simple à court terme, elle sape à long terme tant la viabilité financière que l’acceptation du système. Des réformes structurelles durables sont donc indispensables pour que l’AVS demeure fiable, solidaire et équitable pour les générations futures.

Source : Étude « Augmentation des cotisations salariales : conséquences sur les ménages, le marché du travail et la place économique suisse”, BSS Volkswirtschaftliche Beratung, Bâle, 13 janvier 2026.