Les dés sont jetés – et c’est le contribuable qui, comme d’habitude, va payer l’addition. Le financement de la 13e rente AVS doit désormais se faire par une hausse de la TVA. Quelques dissidents de l’UDC et le ralliement des Vert’libéraux ont suffi pour renchérir la consommation de l’ensemble de la population suisse.
Dans le débat sur le financement de la 13e rente AVS, le Conseil national envoie un signal clair en faveur du pouvoir d’achat. La Chambre basse a rejeté le modèle du Conseil des États, qui prévoyait un cofinancement permanent combinant une hausse des cotisations salariales et de la TVA. Le Conseil national s’oppose ainsi fermement à une charge financière supplémentaire imposée à la population active par le biais d’une hausse des prélèvements sur les salaires.
Une politique sans courage au détriment des contribuables : avec le projet AVS 2030, le Conseil fédéral ne présente pas une réforme viable, mais une nouvelle salve de charges à long terme. Parce que la classe politique esquive tout débat sur l’âge de la retraite, ce sont — une fois de plus — des impôts et des cotisations en hausse qui devront combler les lacunes structurelles du système.
Avec sa décision sur le financement de la 13e rente AVS, le Conseil des États s’en prend frontalement à la population active. Des cotisations salariales plus élevées frappent précisément celles et ceux qui supportent déjà aujourd’hui la hausse des coûts et accentuent le conflit entre les générations. Au lieu de s’attaquer aux problèmes structurels de l’AVS, on recourt une fois de plus à la solution la plus simple : prélever davantage auprès des actifs.
La Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des États
propose de financer la 13e rente AVS au moyen d’une augmentation des cotisations salariales et d’un relèvement de la TVA. Elle renchérit ainsi le coût du travail dans un contexte économique incertain et fait peser l’essentiel de l’effort sur celles et ceux qui font vivre notre pays. Des prélèvements plus élevés entament directement le revenu disponible des personnes actives et affaiblissent le pouvoir d’achat. Ce mode de financement n’est pas responsable. Il met en péril la solidité économique qui constitue pourtant le fondement même de nos assurances sociales.
Les résolutions du Nouvel An portent souvent sur des objectifs personnels. Mais, en 2026, nos responsables politiques et la société dans son ensemble devront se pencher sur une résolution commune : assurer la pérennité de notre prévoyance vieillesse. Dès cette année, le système de répartition de l’AVS sera déficitaire. Plusieurs projets relatifs à l’AVS et au financement des assurances sociales se retrouvent parallèlement sur l’agenda politique. Ils illustrent à la fois l’urgence et la nécessité d’une réforme mais également la difficulté à dégager des solutions durables.
Pour mesurer l’état de l’AVS, il suffit de se référer au baromètre des préoccupations UBS : depuis des années, la prévoyance vieillesse figure parmi les principales préoccupations de la population, aux côtés de l’augmentation des primes d’assurance maladie et la hausse constante des loyers. La voie à suivre est évidente : il faut désormais des solutions qui rapprochent les générations, plutôt que de les alourdir.